Nous vivons contrefaits, plutôt que de ne pas ressembler au portrait que nous avons tracé de nous d’abord : c’est absurde ; ce faisant, nous risquons de fausser le meilleur. — André Gide, Les caves du Vatican
Nous vivons contrefaits, plutôt que de ne pas ressembler au portrait que nous avons tracé de nous d’abord : c’est absurde ; ce faisant, nous risquons de fausser le meilleur.
Auteur : Elizabeth Bowen Titre original : The Death of the Heart Langue originale : Anglais Pays : Irlande Traduction : Jean Talva Première publication : 1938 Genre : Roman
Première phrase : La glace qui s’était formée le matin même – ce n’était guère qu’une fragile pellicule – craquait et flottait par morceaux. Dernière phrase : Et sans daigner voir la sonnette, car un hotel est un lieu public, elle poussa le bouton de cuivre avec autorité.
Présentation :
Pourquoi Anna est-elle atterrée par la lecture du journal de Portia, la demi-soeur de son mari ? Il ne s’agit pourtant que d’un compte rendu, apparemment anodin, où une jeune orpheline, recueillie sans enthousiasme par ses parents les plus proches, consigne avec lucidité et détachement les futilités et les mesquineries qui composent jour après jour une existence bourgeoise. Mais l’ingénuité de Portia, à la recherche d’un peu de tendresse et de vérité, s’apparente souvent à une cruauté discrète. Aucune faiblesse n’échappe à son regard, et le tableau qui s’esquisse révèle soudain en demi-teintes une série de personnages dérisoires et pitoyables sous leur masque d’austère gravité. Partagée entre les étonnements de l’enfance et les désarrois de l’adolescence, Portia, peu à peu amoureuse, aimée à son tour puis lentement délaissée apprend ainsi qu’elle ne s’est pas trompée sur le monde qui l’entoure. Tout en nuances et en notations subtiles, Les Coeurs détruits compte parmi les meilleurs romans d’Elizabeth Bowen. D’inspiration autobiographique, il offre, avec sa tendresse désespérée, un modèle parfait d’aquarelle littéraire.
Mon édition : Librairie Plon – Feux croisés, 1941 – 443 p. Lu en : 01/2010
Auteur : Kressmann Taylor Titre original : Address Unknown Langue originale : américain Pays : Etats-Unis Traduction par : Michèle Lévy-Bram Première publication : 1938 Genre : Roman
1er août 1933. "Tu est un libéral, Martin. Tu vois les choses à long terme. Je sais que tu ne peux pas te laisser entraîner dans cette folie par un mouvement populaire qui, aussi fort soit-il, est foncièrement meurtrier." 18 août 1933. "Tu dis que nous persécutons les libéraux, Max, que nous brûlons les livres. Tu devrais te réveiller : est-ce que le chirurgien qui enlève un cancer fait preuve de ce sentimentalisme niais ? Il taille dans le vif, sans états d'âme. Oui, nous sommes cruels. La naissance est un acte brutal ; notre re-naissance l'est aussi."
Voir la page de Wikipédia
Edition lue : Autrement (emprunté).
Auteur : Alfred Massé Première publication : 1938 Genre : Histoire
Première phrase : Entre le Français du Nord, du Centre et celui du Midi, il existe des différences fondamentales. Dernière phrase : Bien qu'abrégée, l'énumération qui précède permet de se rendre compte que cette province, dans tous les temps et tous les domaines, a donné à la France quantité d'hommes de valeur qui, par leurs mérites et leurs talents, ont contribué, pour une large part, à la grandeur de la Patrie.
Mon édition : Boivin & Cie éditeurs, 1938 – 303 p.
Auteur : Marguerite Yourcenar Première publication : 1938 Genre : Nouvelles
Quatrième de couverture :
Orientales, toutes les créatures de Marguerite Youcenar le sont à leur manière, subtilement. L'Hadrien des Mémoires se veut le plus grec des empereurs, comme Zénon, dans la quête de son Oeuvre au Noir, paraît souvent instruit d'autres sagesses que celles de l'Occident. L'auteur elle-même, cheminant à travers Le Labyrinthe du Monde, poursuit une grande méditation sur le devenir des hommes qui rejoint la pensée bouddhiste. Avec ces Nouvelles, écrites au cours des dix années qui ont précédé la guerre, la tentation de l'Orient est clairement avouée dans le décor, dans le style, dans l'esprit des textes. De la Chine à la Grèce, des Balkans au Japon, ces contes accompagnent le voyageur comme autant de clés pour une seule musique, venue d'ailleurs. Les surprenants sortilèges du peintre Wang-Fô, "qui aimait l'image des choses et non les choses elles-mêmes", font écho à l'amertume du vieux Cornelius Berg, "touchant les objets qu'il ne peignait plus". Marko Kralievitch, le Serbe sans peur qui sait trompait les Turcs et la mort aussi bien que les femmes, est frère du prince Genghi, sorti d'un roman japonais du XIe siècle, par l'égoïsme du séducteur aveugle à la passion vraie, comme l'amour sublime de sacrifice de la déesse Kâli, "nénphar de la perfection", à qui ses malheurs apprendront enfin "l'inanité du désir… " Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans œuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement. Matthieu Galey
Orientales, toutes les créatures de Marguerite Youcenar le sont à leur manière, subtilement. L'Hadrien des Mémoires se veut le plus grec des empereurs, comme Zénon, dans la quête de son Oeuvre au Noir, paraît souvent instruit d'autres sagesses que celles de l'Occident. L'auteur elle-même, cheminant à travers Le Labyrinthe du Monde, poursuit une grande méditation sur le devenir des hommes qui rejoint la pensée bouddhiste. Avec ces Nouvelles, écrites au cours des dix années qui ont précédé la guerre, la tentation de l'Orient est clairement avouée dans le décor, dans le style, dans l'esprit des textes. De la Chine à la Grèce, des Balkans au Japon, ces contes accompagnent le voyageur comme autant de clés pour une seule musique, venue d'ailleurs. Les surprenants sortilèges du peintre Wang-Fô, "qui aimait l'image des choses et non les choses elles-mêmes", font écho à l'amertume du vieux Cornelius Berg, "touchant les objets qu'il ne peignait plus". Marko Kralievitch, le Serbe sans peur qui sait trompait les Turcs et la mort aussi bien que les femmes, est frère du prince Genghi, sorti d'un roman japonais du XIe siècle, par l'égoïsme du séducteur aveugle à la passion vraie, comme l'amour sublime de sacrifice de la déesse Kâli, "nénphar de la perfection", à qui ses malheurs apprendront enfin "l'inanité du désir… " Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans œuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement.
Mon édition : Rivages Etranger, 1990 – 149 p.
Auteur : Jean-Paul Sartre Première publication : 1938 Genre : Roman
Première phrase : Le mieux serait d'écrire les événements au jour le jour. Dernière phrase : Le chantier de la Nouvelle Gare sent fortement le bois humide : demain il pleuvra sur Bouville.
Voir présentation sur Wikipédia.
Mon édition : Gallimard, Collection pourpre – 251 p.
Auteur : Arthur Koestler Titre original : Spanish testament Langue originale : Anglais Pays : Hongrie Traduction par : Denise Van Moppès Première publication : 1938 Genre : Mémoires
Première phrase : Depuis six semaines un calme relatif régnait sur le front espagnol. Dernière phrase : J'ai cru un certain temps que je devais ma vie à Randolph Hearst et à une série de photographies obscènes; le fait qu'il existe encore en ce siècle d'autres forces qui entrent en jeu en faveur d'une cause juste est, à tout point de vue, plus réconfortant.
Echangé contre la femme d'un officier franquiste, Koestler a ramené les notes qu'il avait prises en attendant son exécution : Un testament espagnol, sa plus belle oeuvre. Le survivant est un vivant sans doute, mais il demeure conscient de ce que le soleil peut se coucher à midi, et il reste solidaire de certains morts devant lesquels il doit tous les jours justifier sa survie. Il n'échappe plus au dialogue avec la mort, au thème obsédant de celui-ci : le sens de la vie, de l'être et du paraître, de la victoire et de la défaite.
Mon édition : Le Livre de Poche, 1967 – 277 p.
Auteur : Nicholas Heimito von Doderer Titre original : Ein Mord den jeder begeht Langue originale : allemand Pays : Autriche Traduction par : Pierre Deshusses Première publication : 1938 Genre : Roman
Première phrase : L'enfance, c'est comme un seau qu'on vous renverse sur la tête. Dernière phrase : Dans la bande vide du ciel quelques nuées aux configurations étonnantes passaient puis disparaissaient, des nuages blancs qui badinaient, poussés par le vent, comme des voiles sous l'horizon.
"On est là très près de Proust mais revu par Simenon car l'intrigue est ici bel et bien une intrigue policière autour d'un "meurtre" commis le 25 juillet 1921 aux environs d'Erfurt dans le train de Stuttgart à Berlin." Georges-Arthur Goldschmidt La Quinzaine Littéraire
"On est là très près de Proust mais revu par Simenon car l'intrigue est ici bel et bien une intrigue policière autour d'un "meurtre" commis le 25 juillet 1921 aux environs d'Erfurt dans le train de Stuttgart à Berlin."
Georges-Arthur Goldschmidt La Quinzaine Littéraire
Mon édition : Rivages Etranger, 1990 – 381 p.
Auteur : Bertolt Brecht Titre original : Furcht und Elend des Dritten Reiches Langue originale : allemand Pays : Allemagne Traduction par : Maurice Regnaut, André Steiger Première publication : 1938 Genre : Théâtre
Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l’intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d’une trop grande part de l’intelligentsia. C’est ce qu’a voulu montrer Brecht, d’abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich. Le nazisme n’est pas un phénomène de circonstance appelé à disparaître avec le temps. Il est fait de toutes les peurs « naturelles » de l’homme, qui l’alimentent et qu’il alimente. Le ventre ne sera-t-il pas toujours fécond d’où a surgi la bête immonde ? Telle est la question qui continue de se poser aujourd’hui encore, partout dans nos sociétés. Source : L'Arche Editeur
Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l’intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d’une trop grande part de l’intelligentsia. C’est ce qu’a voulu montrer Brecht, d’abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich. Le nazisme n’est pas un phénomène de circonstance appelé à disparaître avec le temps. Il est fait de toutes les peurs « naturelles » de l’homme, qui l’alimentent et qu’il alimente. Le ventre ne sera-t-il pas toujours fécond d’où a surgi la bête immonde ? Telle est la question qui continue de se poser aujourd’hui encore, partout dans nos sociétés.
Source : L'Arche Editeur
Mon édition : L'Arche, 1968 – 96 p. Non lu